Bonjour,
La jurisprudence a traité le cas dans le passé, surtout à une époque où la rupture brutale des fiançailles pouvait avoir des conséquences sociales importantes. Une rupture brutale peut avant le mariage pouvait être qualifiée de fautive, même sans préjudice matériel immédiat.
https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000006989296/
https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007007552
De nos jours la jurisprudence est moins sévère et privilégie la liberté matrimoniale. Le caractère fautif de la rupture doit se prouver et les critères sont devenus plus stricts.
Une rupture n'est pas fautive en soi :
https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007251049
https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007251049
Même une rupture brutale trois mois avant le mariage n'a pas été considérée comme fautive, même si la fiancée a invoqué un état dépressif (Cour d'appel de Rennes, 5ème chambre, 27 mars 2019, n° 16/03821).
Je ne connais pas de jurisprudence récente de la Cour de cassation ayant retenu le caractère fautif de la rupture en tant que tel.
Obtenir réparation du préjudice moral n'est donc pas évident, à mon sens, à moins de prouver que le fiancé a commis une faute. La seule rupture peu avant le mariage n'est pas une faute. L'arrêt "Bouvier" de la Cour de cassation du 30 mai 1838 stipulait déjà que chaque fiancé était libre de rompre jusqu'au jour de la cérémonie. Peut-être creuser du côté de la brutalité de l'annonce et l'absence d'explication...
Je suis plus optimiste concernant le préjudice matériel puisque la rupture brutale et tardive a causé de réels dommages financiers. Mais je ne pense pas que votre fille pourra tout se faire rembourser.
Attention, si vous avez personnellement payé une partie des dépenses je pense que vous devrez assigner. La jurisprudence rennoise de 2019 a considéré que la fiancée ne pouvait invoquer de préjudice matériel concernant les dépenses engagées par ses parents. Votre fille devra probablement assumer une partie des dépenses, qui seraient de toute façon restées à sa charge si son fiancé avait rompu "correctement".
Il faut voir un avocat spécialisé en droit de la famille pour avis. Se méfier donc des articles sur Internet qui expliquent qu'on peut obtenir réparation simplement à cause d'une rupture tardive et brutale. On n'est plus à l'époque où les femmes mariées devaient avoir une autorisation pour avoir le droit de travailler, signer un chèque ou ouvrir un compte.
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Modératrice