Citation :
Mais alors comment la grand-mère s'est elle retrouvée usufruitière ?
Pour moi :
les arrière-grands-parents de Lisa :
- en tant que propriétaires, se sont réservés des usufruits et se sont constitués des usufruits réversifs sur leurs propres têtes ;
- en tant que propriétaires, ont constitué un usufruit successif sur la tête de leur fille, grand-mère de Lisa ;
- puis ont fait donation du bien (donc avec plusieurs usufruits viagers grevant le bien) à leurs trois petits-enfants, la fratrie de la mère de Lisa.
La révocation de la donation pour cause de survenance d'enfants des donateurs n'a pas lieu d'être, même si prévue à l'acte, puisque c'est une survenance d'un
petit-enfant des donateurs qui a eu lieu.
En plus, selon le 960, pour que la révocation soit possible, il faut qu'il n'y ait aucun enfant ou descendant au jour de la donation. Et le 960 précise ensuite "enfant issu du donateur".
Donc les donations faites à un descendant sont toujours irrévocables.
Citation :
Article 960 en vigueur en 1959, jusqu'en 2006.
Toutes donations entre vifs faites par personnes qui n'avaient point d'enfants ou de descendants actuellement vivants dans le temps de la donation, de quelque valeur que ces donations puissent être, et à quelque titre qu'elles aient été faites, et encore qu'elles fussent mutuelles ou rémunératoires, même celles qui auraient été faites en faveur de mariage par autres que par les ascendants aux conjoints, ou par les conjoints l'un à l'autre, demeureront révoquées de plein droit par la survenance d'un enfant légitime du donateur, même d'un posthume, ou par la légitimation d'un enfant naturel par mariage subséquent, s'il est né depuis la donation.
Comme je l'ai déjà dit, c'est la grand-mère, réservataire de ses parents, qui pouvait éventuellement, aux décès de ses parents, faire réduire les donations faites par ses parents à ses trois enfants (non successibles, donc donations prises sur les quotités disponibles de ses parents). D'ailleurs la grand-mère a peut-être bel et bien reçu ses réserves parentales, soit par réduction, soit par d'autres biens.