Citation :
On ne peut pas construire sur un patecq puisqu’un patecq n’est pas destiné à être construit.
Ce n’est contesté par personne et ce n’est pas du tout le problème. Les derniers arrêts cités ne nous intéressent pas.
Le problème est de savoir si, en présence d’un patecq, il faut prendre en compte sa surface pour déterminer le coefficient d’emprise au sol d’une construction.
Le patecq présente cette particularité que c’est une indivision.
Si, comme il a été exposé, une parcelle cadastrale contient une fraction appartenant à un patecq, donc à une pluralité de propriétaires indivis, mais que le reste appartient à un seul propriétaire, le calcul du coefficient d’emprise au sol d’une construction en projet pose une sérieux problème.
Si le patecq ne constitue pas une parcelle distincte du reste, la situation est aberrante.
Le cadastre est le découpage du territoire qui permet d’identifier avec certitude chaque terrain et qui en est propriétaire. Le fait qu’une même parcelle puisse appartenir pour une partie à certaines personnes et pour l’autre partie à d’autres personnes ne devrait pas se produire. Pour que cela ne se produise pas, la solution est simple, elle est de diviser la parcelle en deux parties.
Une fois cette division opérée, seule est prise en compte la surface de la parcelle qui se situe en dehors du patech.
Cela conduit à la notion d’unité foncière. Plusieurs parcelles contiguës appartenant à un même propriétaire constituent une seule unité foncière et c’est sur cette unité foncière que sont déterminés les droits de construire. A l’inverse, l’existence de deux unités foncières distinctes sur une même parcelle cadastrale est une aberration.
Dans le cas présent, où se situe le porche ? J’ai cru comprendre qu’étant une annexe à la vielle bâtisse, il était situé sur le patecq. Alors on ne tient compte que des 807 m² en dehors du patech et le droit de construire est de 96,8 m².
Mais j’ai peut-être mal compris. Si le porche n’est pas sur le patecq, cela fait 52 m² à retrancher du maximum autorisé. Mais reste à savoir quelle est la surface de la parcelle à prendre en compte, 1007 m² ou 807 m².
Celui qui veut construire a un intérêt à s’en tenir à 1007 m².
Celui qui s’oppose à la construction a intérêt à prétendre que c’est seulement 807 m². Il dispose d’un moyen à l’appui de sa prétention, défendre l’idée qu’il y a en fait deux unités foncières distinctes sur la même parcelle et provoquer une division cadastrale.
Le voisin nie l’existence d’un patecq. C’est un autre problème. Pour savoir ce qu’il en est, il faudrait avoir les actes sous les yeux. Ce patech est peut-être très ancien. S’il est antérieur à l’entrée en vigueur de la loi de 1855 qui a institué l’obligation de publicité foncière à peine d’inopposabilité aux tiers, son existence peut s’imposer à tous même s’il n’a pas été publié au bureau des hypothèques.