Citation :
J'avais commencé à prospecté des commissaire de justice pour la suite deJs opérations mais ça ne sera peut être pas nécessaire.
Un commissaire de justice, pour quoi faire et pourquoi prospecter plutôt que s’arrêter au premier venu ?
Je vous ai proposé de faire délivrer votre acceptation de l’offre de vente par un commissaire de justice pour rendre vaines les arguties de votre propriétaire et pour que votre acceptation de l’offre devienne du béton incontestable. Le temps presse. Votre offre doit impérativement être délivrée à votre propriétaire le 30 mai. Les honoraires seront les mêmes partout à très peu de chose près. C’est l’impératif de la date qui doit prévaloir sur d’autres considérations.
Citation :
La vente peut être soumise au droit de préemption, en cas d'exercice de celui-ci, le préempteur sera subrogé dans tous les droits et obligations à l'acquéreur : en conséquence, toute rémunération incombant éventuellement à l'acquéreur sera à la charge du préempteur. La présente condition est impérative.
Comme vous en avez l’impression, l’histoire du mandat est une entourloupe, c’est pourquoi je persiste à dire qu’il ne faut pas laisser l’agence se mêler de la vente dans laquelle elle n’aura rien revendiquer à personne, ni à vous ni même à la venderesse, qu’il vaut mieux tout simplement l’ignorer.
Dans une vente classique conclue par l’intermédiaire d’un agent immobilier, il est fréquent que les honoraires de négociation soit mis à la charge de l’acquéreur parce que c’est plus économique. Ces honoraires n’étant alors plus intégrés dans le prix de vente, ils ne sont plus pris en compte dans le calcul des droits de mutation. Le mandat de négociation est un contrat liant seulement le vendeur et l’intermédiaire. Il n’y est pas initialement partie. Il ne vient se joindre aux parties initiales que lors de la conclusion de l’avant-contrat de vente dans lequel il reconnaît avoir connaissance du mandat et accepter de prendre les honoraires à sa charge.
Lorsque le locataire exerce son droit de préemption, c’est différent.
Tout d’abord il ne faut pas confondre le droit de préemption que la loi du 6 juillet 1989 donne au locataire avec d’autres droits de préemption comme le droit de préemption urbain au profit d’une collectivité locale ou celui de la SAFER sur un terrain agricole. Lorsque la collectivité locale ou la SAFER exerce son droit de préemption, elle se substitue à un acquéreur et, si une rémunération est due à un intermédiaire par l’acquéreur, la collectivité locale ou la SAFER doit alors la lui verser.
Mais vous n’êtes ni une collectivité locale ni la SAFER.
La cour de cassation a rendu un arrêt intéressant en date du 1er mars 2023, n° 21-22.073 (
https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000047268921?fonds=ALL&init=true&page=1&query=21-22.073&searchField=ALL)
Il faut distinguer les différents cas possibles.
Le vôtre est le plus simple : vous avez reçu un congé pour vente valant offre de vente, vous acceptez tout simplement cette offre et, lorsque vous signez l’acte chez le notaire vous payez le prix de vente à la propriétaire venderesse. L’agent immobilier à qui la propriétaire aurait donné mandat n’a droit à rien, ni de vous ni même de la propriétaire qui a donné mandat pour la simple raison donné par la cour de cassation dans l’arrêt cité :
le droit à rémunération de l'agent immobilier, auquel un mandat de recherche a été confié, suppose une mise en relation entre le vendeur et l'acquéreur. Or le vendeur et son locataire n’ont pas à être mis en relation, ils sont déjà en relation par le contrat de location et l’agent immobilier n’a eu aucune recherche à faire.
La situation peut devenir plus compliquée lorsque l’offre n’a pas été acceptée par le locataire, qu’un agent immobilier présente un acquéreur au vendeur, qu’un accord de vente est conclu à des conditions plus favorables que celle initialement proposées au locataire et qu’alors ce dernier use de son droit de préemption pour se substituer à l’acquéreur trouvé par l’agent immobilier. Si les honoraires de négociation étaient mis à la charge de l'acquéreur il n’est pas aberrant de penser que le locataire puisse devoir doivent finalement des honoraires. Dans l’affaire le l’arrêt cité, la cour d’appel en avait jugé ainsi mais la cour de cassation a dit l’inverse :
le locataire qui exerce son droit de préemption subsidiaire en acceptant l'offre notifiée par le notaire, qui n'avait pas à être présentée par l'agent immobilier mandaté par le propriétaire pour rechercher un acquéreur, ne peut se voir imposer le paiement d'une commission renchérissant le prix du bien.
En conclusion
1. Il est prudent de sécuriser votre acceptation de l’offre de vente, le plus sûr étant de recourir à un commissaire de justice.
2. Le mandat ne vous concerne pas, l’agence cherche à vous extorquer des honoraires que vous ne lui devrez pas et souhaite probablement qu’un autre que vous achète l’appartement. Mieux vaut l’ignorer et ne traiter qu’avec le notaire.