Bonjour,
Aucune de ces mesures présentées comme devant simplifier la sortie de l'indivision n'apporte un réel changement.
La dérogation applicable à certains biens situés en Corse (pas tous) stipule que les indivisaires, à la majorité des deux tiers, peuvent déclarer leur intention d'aliéner devant notaire. En l'absence d'opposition des autres indivisaires, ils peuvent procéder à la vente. S'il y a une opposition explicite, ils vont au tribunal.
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000053775756
Les biens corses concernés sont ceux qui ont été acquis par prescription acquisitive :
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000053775735/2026-06-13
Il existe déjà une procédure similaire applicable à tous les biens indivis :
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000039367468
La seule différence avec la nouvelle mesure applicable uniquement aux biens corses, c'est que le silence des indivisaires ne vaut pas opposition.
L'article 815-5-1 du Code civil a été réécrit par cette loi pour... inclure une solution déjà permise par la jurisprudence (vente en cas de péril pour l'intérêt commun).
En fait c'est même pire que cela : la jurisprudence autorise n'importe quel indivisaire, quel que soit son nombre de part, sur autorisation du juge en cas de péril pour l'intérêt commun. Cette vente peut être faite de gré à gré. Cela se fait sur la base d'un article toujours applicable.
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006433219
Le nouvel article 815-5-1, en cas de péril pour l'intérêt commun, requiert la majorité des deux tiers, un passage devant le juge, et de devoir prouver le péril pour l'intérêt commun pour avoir la possibilité de vendre le bien aux enchères judiciaires.
Il existe donc des articles antérieurs à cette loi et toujours applicables qui permettent :
1. de faire vendre le bien aux enchères judiciaires sans majorité et sans rien avoir à prouver
2. en cas de péril pour l'intérêt commun de vendre le bien de gré à gré ou aux enchères sans majorité
Et donc pour simplifier la vie des indivisaires, on a sorti une loi pour rajouter une troisième option moins intéressante que les deux autres pour tous les biens, et une quatrième option pour certains biens situés en Corse qui simplifie un peu la procédure, à condition qu'il n'y ait oas d'opposition frontale.
Bref, dans votre cas cette loi n'apporte rien de plus. Je dirais même que c'était une vaste "arnaque" juridique.
Voyez un avocat pour qu'il vous dise s'il y matière à faire un référé sur la base de l'article 815-5 du Code civil afin de pouvoir vendre à ce promotteur.
Sinon la vente forcée ne pourra que se faire aux enchères judiciaires.
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Modératrice